Sortir de la culpabilité toxique  &  Apprendre à dire non 
Coach de vie féministe à Marseille

Accompagnement pour affirmer tes besoins, poser tes limites et prendre ta place sans écraser ni t'effacer. 
Sortir de la culpabilité toxique  &  Apprendre à dire non 
Coach de vie féministe à Marseille

Accompagnement pour affirmer tes besoins, poser tes limites et prendre ta place sans écraser ni t'effacer. 

Faux problème : tu n'es pas trop gentille


Je suis trop gentille.

Si tu lis cet article, il y a de fortes chances que tu te dises ça souvent. Peut-être même que d’autres te l’ont déjà dit : “Tu es trop gentil.le”, “Tu devrais penser un peu plus à toi”, “Tu te laisses trop marcher dessus”.

Et en même temps, tu aimerais bien changer ça et commencer à penser à toi. Enfin… sans devenir égoïste non plus ! 

Cette peur-là revient très souvent en coaching : “Si je commence à m’affirmer, on va penser que je suis égoïste.”

Souvent, quand on dit “je suis trop gentil.le”, on ne parle pas vraiment de gentillesse mais plutôt de difficultés comme :

  • dire oui quand on pense non
  • faire passer les autres avant soi presque systématiquement
  • avoir peur de décevoir 
  • ne pas réussir à se respecter

Ou encore faire des pieds et des mains pour ne pas avoir à refuser. 

Au lieu de dire non, on trouve des excuses pour éviter la confrontation. On prétend être malade pour ne pas sortir. On dit qu’on a déjà un rendez-vous pour esquiver une tâche qui nous fatigue.

Et si le problème n’était pas ta gentillesse, mais ce que tu as appris à faire pour rester en sécurité ?

Dans ma vision de l’accompagnement, s’affirmer ne nécessite pas de devenir égoïste. Au contraire, il s’agit de pouvoir penser à soi aussi, pouvoir poser ses limites tout en gardant les valeurs de solidarité, de gentillesse et de respect qui nous tiennent à cœur

Dans cet article on va aborder ce qui se cache souvent derrière ce “je suis trop gentil.le” et comment réussir à penser à toi aussi.

Ce qu’on appelle “être trop gentille”

Le syndrome de la gentille fille ? 

On parle parfois de “syndrome de la gentille fille”. 

⚠️ Ce n’est pas un diagnostic psychologique comme on peut parfois le croire en lisant certains articles ou publications. Ça décrit plutôt un ensemble de comportements et schémas fréquents chez des personnes qui ont appris que leur valeur dépendait de leur capacité à être utiles, disponibles, faciles à vivre.

Ça se manifeste souvent par le fait de faire passer les besoins des autres avant les siens. De s’adapter, se plier en quatre voire se sacrifier pour ne pas blesser, éviter un conflit ou encore faire plaisir. 

Le plus souvent, il s’agit de s’oublier pour préserver la relation et concrètement, ça peut ressembler à :

  •  faire des choix plus pour les autres que pour soi
  • avoir peur de ne pas plaire, de ne pas être à la hauteur des attentes
  • avoir peur de paraître égoïste quand on s’affirme
  • faire passer les autres en priorité dans sa vie
  • ne pas réussir à dire quand on n’est pas d’accord
  • rechercher l’approbation ou l’avis des autres pour décider
  • et culpabiliser énormément

Passer sa vie à s’adapter peut avoir des conséquences sur la santé physique et mentale :

  • fatigue chronique,
  • ressentiment et colère
  • insatisfaction de vivre des relations déséquilibrées 
  • flou interne (“je ne sais même plus ce que je veux”),
  • burn-out, dépression..

Ce n’est pas une question de caractère

Dire oui à tout n’est pas une affaire de caractère inné ou de gentillesse. Le plus souvent, c’est lié à la méconnaissance de ses propres limites, à nos conditionnements depuis l’enfance, à des expériences passées douloureuses.

Tu es important·e. Mais comme beaucoup de femmes, tu as sûrement appris très tôt que penser à toi n’était pas une priorité. Tu as appris et intégré que c’était l’attitude la plus sûre pour continuer à te sentir en sécurité (émotionnelle, physique, matérielle).  

Par contre, ce que personne ne t’a appris c’est à t’écouter, comprendre tes limites et les faire respecter. 

Voilà, comme on ne nous a pas appris à penser à nous aussi, on est nombreux.ses à avoir peu pratiqué le “non”. Et malheureusement, quand on l’a pratiqué, on n’a pas toujours été entendu.es. Parfois, on a été réprimandé.es, moqué.es ou ignoré.e ou simplement perçues comme “difficiles”.

Le résultat, c’est que beaucoup d’entre nous ont développé des stratégies de survie relationnelle. 

Être la plus sympa, cool, facile à vivre. ou encore anticiper, arrondir les angles, encaisser avec un grand sourire… est davantage une adaptation qu’une simple question de gentillesse.

Réussir à dire non n’est pas qu’une affaire individuelle

Es-tu d'accord que dire non, n'est pas aussi facile dans tous ces contextes ?

  •  dire non à un parent dire non à un·e inconnu.e
  • dire non à son bossdire non à une amie
  • dire non dans une relation violente dans une relation sécurisante
  • dire non quand on dépend financièrement quand on est autonome
  • dire non quand on est en intérim  ≠ quand on est en CDI protégé
  • dire non quand on est isolé·e quand on a un réseau de soutien
  • dire non quand on est minorisé·e dans un groupe quand on est majoritaire

Dire non n’a jamais le même coût selon les contextes, et ces différences sont traversées par des rapports de domination. Parfois, ce n’est pas que tu n’oses pas dire non. C’est que dire non t’expose réellement à des sanctions, des pertes ou conflits que tu n’as pas toujours les moyens de porter seul.e. Et c’est important de le reconnaître et ne pas rajouter une couche de culpabilité : il ne s’agit pas d’un manque de courage ou de volonté. 

Le vrai problème n’est pas la gentillesse

La gentillesse ne sera jamais un problème en soi, si elle signifie considérer l’autre, pouvoir donner du temps, de l’attention ou du soin.

Oui, je le répète : le problème, ce n’est pas d’être gentil.le. Le problème, c’est d’être plus gentille avec les autres qu’avec toi-même, au point :

  • que les besoins des autres passent systématiquement avant les tiens
  • que tu n’arrives pas à dire non et que ça te mette dans des situations inconfortables, épuisantes, voire dangereuses
  • que tu aies l’impression que toi, tu ne vaux pas la peine
  • que ta santé mentale et physique passent toujours après
  • que tu culpabilises dès que tu oses penser à toi (ou qu’on te fasse culpabiliser quand tu penses à toi)

Tout ça n’est pas qu’une histoire de gentillesse/méchanceté. C’est une difficulté à te respecter, par conditionnement, par peur des conséquences, par manque d’estime de soi ou par contraintes réelles aussi.

Quand on parle de se respecter, il ne s’agit donc pas de devenir dure, froide ou individualiste et de devenir plus loyale envers toi-même.

Prendre soin de soi sans devenir égoïste

Tu n’as pas à choisir entre :

Etre gentille et penser aux autres Etre égoïste et penser à toi

Tu peux être gentil.le être juste avec toi et avec les autres. Et te faire rentrer dans l’équation bonté divine ! Car tu mérites d’être respecté.e, entendu.e, d’être aimé.e tell.e que tu es, pas seulement pour ce que tu donnes et fais pour les autres.

Dans beaucoup de situations, il est possible de soutenir, d’être là, d’aider, tout en maintenant un équilibre sain entre nos besoins et ceux des autres. Mais cela passe notamment par :

  • prendre conscience de ses conditionnements
  • comprendre ce que signifie précisément ce "trop gentille" 
  • apprendre à s’aimer et se respecter
  • être à l’écoute de ses propres besoins
  • poser des limites claires pour soi et pas contre l'autre
  • pouvoir demander, à son tour, de l’aide et du soutien

Mais je ne te cache pas que ce n’est pas toujours évident car sortir de ces schémas demande d’aller à contre-courant de décennies de socialisation et de réflexes relationnels mais aussi d'une société capitaliste et patriarcale qui continuer à valoriser le sacrifice de soi, le travail émotionnel, domestique et non rémunéré.  

Repérer tes “oui” automatiques

Si tu veux commencer à explorer ça concrètement, je te propose un défi simple. Pendant quelques jours, fais un focus sur tous les “oui” automatiques que tu donnes sans vraiment réfléchir :

“Ok je le fais.” “D’accord je serai là.” “Je m’en occupe.”

Puis prends le temps de te demander :

  • Pourquoi je dis oui ? Par véritable envie, habitude, obligation?
  • Est-ce que ça me pèse, me coûte du temps, de l’énergie, de l’argent dont je dispose ou pas ?
  • Qu’est-ce qui se cache derrière ce oui automatique ? La peur de décevoir, d’être jugé.e, de paraître impolie, capricieuse ?

L’idée est de commencer à repérer ces petits oui qui t’épuisent, te surchargent et t’éloignent de tes besoins, limites et valeurs en opposition à ces grands oui conscients, joyeux, enthousiaste.  

Pour aller plus loin tu peux aussi 

- Commencer à repérer les pensées limitantes qui se déclenchent quand tu envisages de dire non :

“Je vais décevoir.”
“On ne m’aimera plus.”
“C’est égoïste.”
“Je n’ai pas le droit.”

- Identifier les signaux internes et physiques qui t’indiquent que quelque chose ne te va pas ou n'est pas respecté : malaise, gorge serrée, fatigue, émotions désagréables, épuisement.

En résumé, la gentillesse ne sera jamais le problème

Tes besoins comptent. Ton avis compte. Tes goûts comptent. Ton bien-être compte.

Même si tu as longtemps cru que penser à toi était déjà trop. T’oublier ne rendra pas tes relations plus justes et équilibrées.

Tu peux t’affirmer et prendre soin de toi sans devenir une personne individualiste ou égoïste. Prendre soin de toi et t’écouter ne trahit pas tes valeurs de générosité ou de solidarité..Cela peut, au contraire, rendre ta présence plus solide, saine et durable car elle ne se basera plus sur le sacrifice et l’abandon de soi. 

Et maintenant ?

Si tu te reconnais dans cet article et que tu as envie d’aller plus loin, tu peux réserver ton appel découverte pour qu’on explore ensemble ce qui t’empêche de te respecter sans culpabiliser, et comment tu peux commencer à changer ça concrètement, sans renier tes valeurs. 

Et si cet article t’a fait penser à quelqu’un.e, partage-lui car on est encore trop nombreux.ses à se croire trop gentil.les, alors qu’on est surtout trop dur.es avec nous-mêmes.