Sortir de la culpabilité toxique  &  Apprendre à dire non 
Coach de vie féministe à Marseille

Accompagnement pour affirmer tes besoins, poser tes limites et prendre ta place sans écraser ni t'effacer. 
Sortir de la culpabilité toxique  &  Apprendre à dire non 
Coach de vie féministe à Marseille

Accompagnement pour affirmer tes besoins, poser tes limites et prendre ta place sans écraser ni t'effacer. 

Ce que l’on ne te dit jamais sur les résolutions de la nouvelle année : pourquoi elles échouent et comment penser le changement autrement


Nouvelle année, mêmes injonctions

Chaque année en janvier, on nous bassine avec les résolutions de la nouvelle année. On nous parle d’objectif, de dépassement de soi, de discipline, de motivation…Sauf que pour beaucoup d’entre nous, ça sonne surtout comme des injonctions.

Peut-être que tu culpabilises de "te laisser aller” parce que tu n’as pas fait ta liste de résolutions.
Ou au contraire, tu en fais une… tout en sachant qu’elle risque de finir comme les précédentes : aux oubliettes.

Et peut-être que toi aussi, tu te sens déjà fatigué.e rien qu’à l’idée d’y penser. La pression monte tandis que cette petite voix te répète “il faut que je me reprenne”.

  • Tu ne sais pas vraiment par où commencer.
  • Tu veux changer trop de choses à la fois.
  • Tu ne sais même plus ce que tu veux vraiment.
  • Tu te fixes chaque année les mêmes objectifs… et rien ne change.

Et si le problème n’était pas toi ?
Pas ton "manque de volonté”, ton "manque de confiance”, ni ta prétendue "paresse”.

Et si le vrai problème, c’était surtout la manière dont on nous apprend à penser le changement ?

Parce que les résolutions ne sont pas neutres : elles sont sociales, politiques et normatives.
Elles nous poussent souvent à vouloir réparer ce qui ne rentre pas dans les cases plutôt qu’à écouter nos besoins réels.
Elles glorifient la performance, le travail sur soi permanent et l’idée que tout dépend uniquement de toi… en oubliant ta réalité, ta fatigue, ta charge mentale, tes contraintes matérielles et les inégalités qui traversent nos vies.

Alors non, je ne te proposerai pas une énième liste de conseils pour tenir tes résolutions, car tu en trouveras déjà par centaines.

  • Je t'invite plutôt à regarder autrement ce rituel collectif,
  •  comprendre pourquoi il fonctionne si mal (surtout pour les femmes et les personnes minorisées à qui l’on demande déjà tant)
  • et à imaginer une autre façon de penser le changement.

Voici ce qu’on ne te dit presque jamais sur les résolutions… 

Problème n°1 : Les résolutions partent du principe que tout le monde a les mêmes ressources

Les résolutions sont souvent présentées comme si nous partions tous·tes du même point de départ. Comme s’il suffisait de décider, d’être discipliné·e et motivé·e. Sauf que dans la vraie vie nous n’avons ni les mêmes conditions, ni les mêmes marges de manœuvre pour changer.

Temps disponible

Tout le monde n’a pas deux heures par jour pour faire du sport, cuisiner sainement, méditer, apprendre une nouvelle compétence… Entre charge professionnelle, enfants et , parfois avec plusieurs emplois et horaires décalés, c’est objectivement plus difficile pour certain·es."

Charge mentale

Elle n’est pas répartie équitablement et rappelons que les femmes en portent la majorité. Penser, planifier, anticiper, organiser… ça épuise. Et ça laisse moins d’énergie pour atteindre ses objectifs. 

Sécurité financière

Beaucoup de résolutions ont un réel coût : inscription à des activités, changements alimentaires, coaching, thérapies, formations, voyages… Quand on compte chaque euro, ce n’est pas qu’on manque de volonté, c’est qu’on a d’autres priorités vitales.

Santé physique et psychique

Fatigue chronique, douleurs, dépression, anxiété, neuroatypie, handicap, burn-out... Non tout le monde ne pas appliquer les mêmes routines révolutionnaires vues sur les réseaux sociaux. 

Soutien social et entourage

C’est plus simple quand on est entouré·e, encouragé·e, soutenu·e. Quand on est isolé·e, dans une famille conflictuelle, ou dans un environnement peu sécurisant, chaque pas demande plus d’effort.

Pourquoi ces rappels essentiels ?

1. Le changement a un coût (émotionnel, matériel, énergétique…) et ce coût n’est pas le même pour tout le monde. L’oublier, c’est pousser les gens à se sentir coupables d’échouer là où le système les complique déjà.

2. Pour ne pas tomber dans un discours méritocratique "quand on veut, on peut" qui efface les conditions réelles d’existence et transforme des obstacles structurels en problèmes individuels.

Problème n°2 : Beaucoup de résolutions sont normatives (et pas forcément libres)

Et si tu ne choisissais pas vraiment tes résolutions aussi librement que tu le penses ?

La plupart des résolutions classiques ne viennent pas juste de tes envies profondes. Elles sont en grande partie dictées par des normes sociales, des attentes culturelles, des injonctions liées au genre, à la performance, à l’apparence.

Très souvent, elles concernent les mêmes domaines :

Le corps

“Perdre X kilos”
“Me remettre sérieusement au sport”

Parce qu’on nous apprend qu’un corps acceptable doit être mince, tonique, jeune, contrôlé.

La productivité

“M’organiser mieux”
“Arrêter d’être procrastinatrice”

Comme si notre valeur dépendait de ce qu’on produit et du rythme auquel on s’épuise.

La réussite professionnelle

“Changer de job pour un poste plus prestigieux”
“Me former pour être plus compétente”

Dans une société qui valorise la performance et le statut social.

La meilleure version de soi

“Devenir quelqu’un.e de plus positif”
“Arrêter tel mauvais comportement”  

Sous-entendu : tu n’es jamais assez et tu dois toujours t’améliorer.

Le problème n’est pas le changement…

Changer peut être magnifique, libérateur, puissant. Le problème, c’est l’intention derrière le changement.

Ce qui pose vraiment question, c’est quand nos résolutions sont nourries par :

  • le regard extérieur qu’on a intériorisé : ce que “les autres” attendent… mais qu’on finit par attendre de nous-mêmes : être performante, mince, douce mais efficace, disponible mais indépendante, forte mais pas trop.
  • la comparaison sociale permanente : les corps parfaits, les routines idéales, les vies inspirantes vues sur les réseaux sociaux..

Et si on changeait la question de départ ?

Et si on passait de “À quoi devrais-je ressembler pour être acceptable, aimable, respectable ou légitime ?”  A “De quoi ai-je réellement besoin cette année ?

Ce petit déplacement peut changer beaucoup : 

  • du contrôle du soi → vers l’écoute de soi
  • de la conformité  → vers le respect de ses besoins réels
  • de réparer ce qui ne colle pas aux normes → vers habiter sa vie de façon plus juste

Problème n°3 : On veut changer vite, sans toucher à ce qui produit le problème

Beaucoup de résolutions cherchent à corriger un comportement sans regarder ce qui l’a rendu nécessaire, donc chercher à en comprendre la fonction de du comportement. 

Par exemple, en disant :

  • Cette année je vais m’affirmer”… sans interroger ce qui t’a poussée à t’effacer : socialisation genrée, peur du rejet, sécurité relationnelle, expériences passées, rapports de pouvoir.
  • “Je vais mieux gérer mon stress / ma charge mentale”… sans regarder ce qui te surcharge réellement : inégalités domestiques, attentes au travail, charge émotionnelle, pression à être performante.
  • “J'arrête de trop donner / être trop gentille”… sans questionner pourquoi tu as appris à te rendre indispensable : rester aimée, être reconnue, éviter le conflit, éviter la punition sociale.

Modifier la surface sans toucher au cadre

Les résolutions classiques te poussent souvent à changer tes comportements pour te sentir mieux.
Voilà pourquoi tu te retrouves sûrement à réparer le problème en surface et batailler dans la mise en place de  techniques d’organisation, de gestion du stress ou d’affirmation de soi...qui ne règlent pas le problème de fond. 

Si tu y réfléchis, rien ne t'incite à porter sur ton attention sur l’environnement, les normes et les systèmes qui rendent ce comportement nécessaire.

Pourtant 

  • la suradaptation,
  • le fait de s’effacer,
  • le fait de dire oui et d'en faire beaucoup ,

Sont des comportements appris pour :

  • préserver le lien,
  • éviter les sanctions sociales,
  • continuer à exister dans des environnements qui ne te laissaient pas beaucoup de choix.

N’oublions pas que très souvent ces habitudes ou comportements qu'on voudrait changer ont une solution intelligente que notre corps et notre cerveau ont trouvée pour nous protéger et nous adapter.

Si tu as déjà abandonné cette résolution X fois, ce n’est donc pas que tu n’as pas de volonté. Changer un comportement ancré demande de le comprendre dans sa complexité et sa profondeur
Cela prend souvent du temps et c’est normal. 

Problème n°4 : Le fantasme du “tout changer d’un coup”

Les résolutions sont souvent pensées comme des transformations radicales : “cette année je deviens une nouvelle personne”, “je change tout”, “je repars de zéro”. Janvier devient un mois magique, presque chargé d’une promesse de renaissance. 

Dans le feu de l'action, on oublie alors parfois plusieurs réalités importantes concernant le changement :

  • il n’est pas linéaire
  • il demande souvent du temps, des essais/erreurs et des périodes de doutes
  • il ne suit pas toujours le calendrier social (pourquoi ne prendrait-on pas des résolutions à un autre moment de l'année ?)
  • il n’avance pas au même rythme pour tout le monde
  • il ne ressemble pas toujours à une transformation spectaculaire de type "avant/après"

Le plus souvent le changement est : 

  • lent
  • progressif
  • un peu chaotique
  • plein de retours en arrière apparents
  • discret, parfois invisible aux autres

C’est super de pouvoir surfer sur cette vague de motivation du début d’année si cela te fait du bien mais ce n’est pas parce que ton changement n’est pas rapide ou radical qu'il n'est pas valable ! 

Un changement sain respecte ton corps, ton rythme interne, ta capacité du moment, ton histoire, tes limites. 

C’est la différence entre forcer une version idéalisée de toi-même ET te déplacer doucement vers une vie plus juste pour toi.

Problème n°5 : On croit que nos résolutions doivent forcément être individuelles

On l’a vu les résolutions sont généralement centrées sur soi.  

Ce qu’on oublie souvent de dire, c’est que ces résolutions n’ont pas besoin d’être uniquement tournées vers toi pour faire du bien. Elles peuvent être collectives, relationnelles, politiques. Elles peuvent viser à transformer notre environnement à différentes échelles.

Elles peuvent dépasser l’échelle de notre propre existence aussi. Et si, pour une fois, les résolutions étaient aussi l’occasion de regarder autour de soi, vraiment ? 

Et se demander aussi : Dans quel monde j’ai envie de vivre et comment je peux y contribuer, à mon échelle ?

A quoi peuvent ressembler des résolutions plus collectives ?

  • Refuser de rire aux blagues sexistes, racistes, validistes, homophobes etc, 
  • Soutenir une personne cible d’injustice au travail/dans la famille au lieu de rester silencieuse, 
  • Proposer son aide à des personnes dans le besoin (garde d’enfants, covoiturage, coups de main), 
  • S’informer et soutenir des médias indépendants, 
  • Rejoindre des collectifs et associations, 
  • Arrêter de mépriser/ignorer les personnes précaires qui demandent de l’aide, 
  • Décider de donner 5, 10, 20€ mensuels pour soutenir financièrement des collectifs, associations ou cagnottes, 
  • Soutenir une personne isolée de ton entourage...

Imaginer des résolutions qui renforcent le lien, le soutien, la justice sociale, c’est aussi une façon très puissante de prendre soin de soi… et des autres.

Penser le changement autrement

Après ce que nous avons exploré, j’espère que la pression des résolutions est descendue d’un cran. Penser le changement autrement, c’est prendre en compte la réalité de ta vie, de ton corps, de ton environnement et des systèmes qui nous entourent. Concrètement, cela peut passer par :

  • Choisir des résolutions qui respectent tes besoins et tes envies profondes plus que les injonctions sociales.
  • Comprendre que certains comportements sont des adaptations intelligentes à des contextes complexes et qu’il est normal que changer prenne du temps.
  • Accepter que le changement durable se fait progressivement, avec des essais, des ajustements et parfois des retours en arrière.
  • Oser des résolutions collectives ou politiques qui te permettent d’agir sur ton environnement, de créer du lien et contribuer à plus de justice sociale.

Changer autrement demande donc un repositionnement pour agir de manière plus juste, respectueuse de soi ET des autres. Ce type de transformation profonde demande compréhension, temps et parfois accompagnement pour être pensé de manière concrète et respectueuse de ta singularité.

Si tu veux aller plus loin et être accompagnée pour 

  • identifier ce qui compte vraiment pour toi, 
  • construire des résolutions respectueuses de tes particularités 
  • mettre en place des changements concrets et durables, 

C’est exactement ce que je propose dans mon accompagnement.